Dans l'hypothèse probable où le Québec demeurerait au
sein du Commonwealth, les citoyens canadiens résidant au Québec et les citoyens
québécois résidant au Canada pourraient également être considérés comme citoyens du
Commonwealth 25. Cette citoyenneté commune aurait d'ailleurs comme
conséquence de ne pas faire des Canadiens et Québécois des étrangers dans leurs pays
respectifs, de consacrer un statut personnel particulier sur le territoire de l'autre
partie et de conférer à ceux-ci certains droits qui dérivent d'un tel statut 26.
Cette citoyenneté serait toutefois commune à l'ensemble des pays du Commoniwealth et
dépasserait dès lors le cadre des relalions canado-québécoises.
Si le Canada et le Québec envisageaient la création d'une
citoyenneté commune additionnelle, sans doute l'expérience communautaire européenne
s'avérerait-elle pertinente, tout en étant la plus contemporaine. Certes, il n'est pas
nécessaire de créer une telle citoyenneté additionnelle pour permettre une circulation
plus libre des personnes sur les territoires du Canada et du Québec, comme le démontre
l'expérience européenne elle-même. Ainsi, le droit de circulation et de séjour a été
garanti, dans les limites prévues au Traité de Rome, sans qu'il n'ait été nécessaire
d'instituer une citoyenneté commune. Ces droits se sont traduits par des mesures
d'ouverture des emplois publics, la reconnaissance mutuelle des diplômes et des mesures
de protection du consommateur, étroiteinent liées aux activités des agents économiques
des ressortissants communautaires.27. Mais, les Européens ont paru vouloir
consolider ces droits de circulation et de séjour, tout en garantissant certains droits
politiques. Ils ont voulu créer à cette fin une citoyenneté dont les attributs sont
définis dans le Traité d'Union européenne qui pourrait inspirer les promoteurs d'une
citoyenneté commune aux Canadiens et Québécois.
La citoyenneté de l'Union européenne
-
- Donnant suite un projet de la présidence
luxembourgeoise28 et à l'idée d'une Europe des citoyens,29 le
Traité sur l'Union européenne 30 énonce parmi ses objectifs de renforcer la
protection des droits et intérêts des ressortissantse de ses États membres par
l'instauration d'une citoyenneté de l'Union 3l et institue une telle
citoyenneté 32.. Toute personne ayant la nationalité d'un État
membre est titulaire de cette citoyenneté33 et les citoyens de l'Union
jouissent des droits et sont soumis aux devoirs prévus par le Traité de Rome34.
Le droit de circuler et de séjourner librement sur le
territoire des États membres, dans les conditions prévues par le Traité de Rome et par
les dispositions prises pour son application35, est reconnu au citoyen de
l'Union et pourrait élargir la portée du droit tel qu'il est actuellement reconnu aux
ressortissants communautaires36.
Le Traité d'Union élargit également l'étendue des
droits électoraux37 et confère d'abord le droit de vote et d'éligibilité
aux élections municipales dans l'État membre où il réside, dans les mêmes conditions
que les ressortissants de cet État 38. Il confirme ensuite le droit de vote et
d'éligibilité d'un citoyen de I'Union aux élections du Parlement européen dans l'État
membre où il réside dans les mêmes conditions que les ressortissants de cet État 39.
D'autres droits politiques, tels que le droit de pétition au Parlement européen40
le droit de s'adresser à un médiateur, sont également reconnus au citoyen de l'Union41
Le Traité d'Union européenne innove par ailleurs en
conférant au citoyen de l'Union européenne le droit à la protection diplomatique et
consulaire de tout État membre dans un pays tiers où l'État membre dont il est
ressortissant n'est pas représenté. Ce droit doit s'exercer dans les mêmes conditions
que les nationaux de cet État et est assujetti à l'établissement par les États entre
eux des règles nécessaires et aux négociations internationales requises en vue
d'assurer la protection diplomatique.42
Ces droits, qui sont susceptibles d'être complétés par
d'autres droits,43 donnent un contenu concret à la citoyenneté commune aux
nationaux des États membres de la ccommunauté européenne. Cette citoyenneté nouvelle
correspond bien à la finalité économique de l'expérience d'intégration européenne,
mais dépasse cette finalité en lui donnant un contenu politique destiné à rendre
l'union sans cesse plus étroite.44
Sans doute, cette expérience contient-elle de riches
enseignements dont le Canada et le Québec pourraient tirer des leçons s'ils décidaient
d'établir une citoyenneté commune, qui se superposerait, tout comme la citoyenneté de
l'Union européenne s'ajoute aux nationalités des douze États de cette Union, aux
citoyennetés canadienne et québécoise.
La citoyenneté commune des citoyens canadiens et
québécois
L'étendue des droits découlant d'une citoyenneté commune
des Canadiens et des Québécois dépendrait à bien des égards de la finalité de
l'union que voudrait édifier le Canada et le Québec.
Si cette finalité devait être économique, le modèle
communautaire serait dès lors d'une pertinence indéniable et il y aurait lieu d'examiner
attentivement les dispositions du Traité d'Union européenne sur le droit de circulation
et de séjour ainsi que l'ensemble des actes communautaires aménageant l'exercice des
droits du citoyen de l'Union européenne en la matière. L'expérience communautaire
enropéenne pourrait offrir des enseignements utiles pour déterminer les avantages
tangibles dans Ia vie quotidienne des citoyens d'une éventuelle union du Canada et du
Québec. Le Québec et le Canada pourraient dès lors envisager la création d'une
citoyenneté de l'Union pour assurer une gestion efficace de l'union économique et
rappeler aux citoyens canadiens et québécois les liens historiques qui ont caractérisé
leurs rapportrs et les liens économiques qui perpétuent ces rapports.
Sans doute, les gouvernements d'un État québécois et
d'un État canadien souverains envisageraient-ils aussi de faciliter l'exercice du droit
de séjour et de circulation des citoyens de leur union à l'intérieur du territoire par
la création d'un passeport de nature similaire au passeport européen 45. Ce
passeport, dont l'existence remonte au 1er janvier 1985, est encore délivré
par les autorités nationales et comporte deux mentions distinctes, celui de la
Communauté européenne et celui du pays d'émission. L'expérience européenne pourrait
ici encore inspirer les négociateurs d'une union entre le Canada et le Québec et sans
doute cette mesure pourrait-elle être acceptable pour les interlocuteurs québécois qui
ont même déjà évoqué l'idée d'un passeport nord-américain46
Si l'union entre le Canada et le Québec devait avoir une
finalité politique similaire à celle de l'Union européenne, comme le souhaite l'actuel
premier ministre du Québec 4 7, il ne serait pas surprenant que l'on veuille
aussi proposer la création d'un Parlement élu et que des droits de vote et de pétition
soient reconnus aux citoyens d'une telle union, voire même les droits de vote et
d'éligibilité aux élections locales. La reconnaissance d'un droit de protection
diplomatique comme celui que contient le Traité d'Union européenne dépendrait à bien
des égards de la capacité d'un Québec souverain d'assumer une telle représentation aux
lendemains de l'indépendance et il n'est pas impossible qu'ici encore le Traité d'Union
européenne puisse servir de modèle au Canada et au Québec.
Il en irait sans doute autrement de l'union qui serait
négociée par un gouvernement du Parti québécois, avec la collaboration du Bloc
québécois, et dont la finalité serait essentiellement économique. Dans ces conditions,
l'expérience communautaire pourrait être d'une valeur limitée puisque le citoyen d'une
telle union, qui ne compterait pas parmi ses institutions un Parlement élu, ne pourrait
ni voter pour un tel Parlement ni lui adresser de pétition. Privée de finalité
politique, il est par ailleurs douteux que l'on veuille conférer un droit de vote dans le
cadre d'élections locales, comme cela est en voie de se produire dans l'Union
européenne. Seuls des droits économiques et sociaux paraîtraient utiles pour atteindre
les fins de l'union et seraient susceptibles d'être conférés au citoyen d'une union
économique négociée par des partis souverainistes.
L'expérience communautaire en matière de citoyenneté,
aussi jeune soit-elle, pourrait néanmoins être utile dans le contexte d'une négociation
d'un Traité instituant une Union canado-québécoise.48 Si les Québécois
paraissent disposés dès maintenant à envisager cette hypothèse, que la Commission
d'étude sur les questions afférentes à l'accession du Québec à la souveraineté s'est
déjà intéressée aux modes d'association économique d'un Québec souverain avec le
Canada 49 et qu'elle peut recevoir et analyser une offre de partenariat
économique 50, il est moins clair que les Canadiens, et leurs représentants,
dont l'hésitation devant un scénario d'accession du Québec à la souveraineté est
manifeste, veuillent constituer une telle union avec le Québec.
Si, d'aventure, certains voulaient commencer à y
réfléchir, et il est grand temps à mon avis que cela se produise au Canada,
l'expérience de la nouvelle Union européenne devrait être considérée pertinente et
guider la réflexion des Canadiens et des Québécois, dont il est espéré qu'elle soit
empreinte de bonne foi, de courtoisie et de respect mutuel.
NOTE
1 Voir "McDougall in Passport Warniilg," Montreal
Gazette, 11dé cembre 1990, A-7, et P. Poirier, "Minister Wrong on
Citizenship,Parizeati Says," Globe and Mail, 12 décembre
1992, A-3- Voir aussi une déclaration antérieure de
Jacques Parizeau sur la question reprise dans G.
Normand, "Parizeau: après l'indépendance, les Québécois pourront rester ..
canadiens," La Presse, 31 octobre 1991,A-1 et 2.
2 l.Q 1991, c- 34. La Commission d'étude des questions
afférentes à l'accession du Québec à la souveraineté a produit un document intitulé Succession
d'États: la nationalité, 14 janvier 1992, et fait réaliser une étude par le
professeur Claude Emanuelli de l'Université d'Ottawa sur L'accession du Québec à la
souveraineté et la nationalité, janvier 1992.
3 Sur cette identité canadienne, il est instructif de lire
le document préparé par le gouvernement fédéral an soutien des plus récentes
propositions constitutionnelles intitulé L'identité canadienne: des valeurs communes
(Ottawa: Ministère des Approvisionnements et services,1991).
4 D.P. O'Connell, State Succession in Municipal and
International Law, vol. i (Cambridge: Cambridge University Press,1967),
501-2 .
5 LRC, c. C -29.
6 Après avoir fait régir la question de la nationalité par
des dispositions du Code civil français, la France s'est dotée d'un Code sur la
nationalité,
Loi no 73-42 du 9 janvier- 1973, qui, comme la Loi sur la
citoyenneté canadienne, regroupe l'ensemble des dispositions relatives à la
citoyenneté.
7 Sur les critères d'attribution de la nationalité, voir
J.F. Rezek, "Le droit international et la nationalité,." RCADI 198 (1986) 337.
8 Code de la nationalité franiçaise, art.122.
9 Voir à ce sujet les développements que le professeur
Emanuelli consacre à l'élaboration d'un futur régime de la nationalité québécoise
dans son étude, L'accession, 27-64.
10 Le Parlement du Canada devrait à cette fin amender la Loi
sur la citoyenneté, t,R(' lq85, c- (,-2( la p-@, Ci I)révoit@
(l@ins it-tie Yi que l'acquisition de la citoyenneté québécoise constitue titi cas de
perte (le la cit()Vellneté canadienne. Si titi tel ch@itigeiiietit législatif n'était
pas effectué, les personnes remplissent les conditions metionniées à l'articIe 3 de la
Loi sur la citoyenneté continueraient de.jouir dun droit à la citoyenneté canadienne et
d'avoir la qualité de citoyen canadien. Cette position est confirmée par les
commentaires faits par l'avocat Mendel Green, rapportés dans Poirier, "Minister
Wrong," qui n'hésitait pas à affirmer que "Ms McDougall has made an error in
law. She's wrong." Voir aussi les commentaires d'une éditorialiste confirmant que
"the present law would allow that, but therre would be pressure to change it":
D. Francis, "Quebec's Separatists Raise a Storm," Financial Post, 14
décembre 1992, 10.
11 Poirier, "Minister Wrong."
I2 RTNU 989 (1975) 175- Cette Convention a été adoptée le
30 août 1961 et est entrée en vigueur le 13 décembre 1975
13 [1978] RT Can. no- 32. LeCanada a adhéré à cette
convention le 17 juillet 1978 et elle est entrée en vigueur à son égard le 15 Oct 1978.
14 Voir art. 10.
15 Pour un examen sommaire de tels accords, voir Emanuelli, L'accession,
19-22.
16 Voir à ce sujet les développements consacrés au droit
d'option par J. Brossard, L'accessiont à la souveraineté et le cas du
Québec (Montréal : Presses de l'Université de Montréal, 1976), 526-30- Voir aussi
Emanuelli, qui fait notamnient un examen de la pratique coriventionnelle en la matière: L'accession,
I9 -22
-
- 17 Voir à ce sujet les développements de l'auteur Rezek,
"Le droit international," 380-2-
18 Voir à ce sujet les propos du premier ministre Brian
Mulroney, selon lequel "You're either in or you're out. You're either Canadian or
you're not, you don't get the benefits - you don't get any benefits - of citizenship of
Canada because these benefits we are going to keep for the citizens of Canada ... This is
one country. When you're a citizen of Canada you get the benefits and the responsibilities
of Canada and we don't share those with anybody": M. Trickey, "Canada Is not a
Buffet, Pm Warns," Vancouver Sun, 30 novembre 1991,, A-8.
19 Cette position paraît être exprimée dans la proposition
du Gouvernement du Québec, La nouvelle entente Québec-Canada: proposition du
gouvernement du Québec pour une entente d'égal à égal: la souveraineté-association
(Québec: Éditeur officiel du Québec, 1980), 60-1.
20 Voir Rezek, "Le droit international," 382-4-
21 Un tel statut était souhaité par le gouvernement du
Québec, dans sa Proposition de 1980, dans laquelle est affirmée que "les citoyens
canadiens pourront jouir des mêmes droits au Québec que les citoyens québécois au
Canada": Québec, La nouvelle entente, 6 1 Voir aussi J.-P.
(,Iiarbonneau et G. Paquette, L'option (Montréal: Les Éditions de l'Homme, 1978), 423-
22 Voir F. de Castro, "[La nationalité, la double
nationalité et la supranationalité," RCADI 102 (1961) 631
23 Ibid., 604-7.
24 Emanuelli, L'accession.
25 Ainsi le Code civil du Québec ou le Code de
la citoyenneté québécoise pourraient contenir une disposition analogue à
l'article 32(1) de la Loi sur la citoyenneté canadienne qui
stipule que "les personnes qui, dans un autre pays du Commonwealth, jouissent du
statut légal de citoyen ou ressortissant de ce pays ont, au Canada, les statuts de
citoyen du Commonwealth."
26 Les auteurs Charbonneau et Paquette font par ailleurs
remarquer à cet égard que "les citoyens du Commonwealth ne jouissent pas d'un
statut bien différent de celui des étrangers, si ce n'est que la citoyenneté des autres
pays du Commonwealth peut s'acquérir avec plus de facilité": L'option, 424-
Sur cette question, voir aussi de Castro,
"La nationalité," 602-4.
27 Pour l'étendue actuelle du droit de circulation et de
séjour dans la Communauté économique européenne, voir E. Gaillard, D. Carreau et W.L.
Lee, Le marché unique européen (Paris: Pédone, 1989), 57-74 Voir aussi M.-F.
Labouz, Le système communautaire européen (Paris: Berger-Levrault, 1988), 2e
éd., 62-3. Les actes communautaires relatifs à ce droit de circulation et de
séjour sont reproduits dans J.C. Séché, Libre circulation des personnes dans la
Communauté: entrée et séjour (Bruxelles. Commission des Communautés
européennes, Bruxelles Office des publications officielles des Communautés européennes,
1988).
28 Le texte du Projet est reproduit dans Europe
Documentî, no 1722/1723, 5 juillet 1991). Pour un commentaire de ce projet et des
dispositions relatives à la citoyenneté de l'Union européenne, voir D. Vignes, "Le
Projet de la présidence luxembourgeoise d'un Traité sur l'Union," Revue du
Marché commun, 1091, 504, et en particulier aux 508-9.
29 Comme le font remarquer- E.Gaillard, D.Carreau, et W.I.
Lee, Le marché, 55, la formule générique"Europe des citoyens,"
apparue dès 1975, est d'un usage courant depuis le Conseil européen de Forttainebleau de
juin 1984 et tout en étant "frappante par son pouvoir évocateur, elle demeure fort
imprécise dants sa portée." Voir aussi à ce sujet les rapports du Comité ad hoc
"Europe des citoyens," adressés au Conseil européen de Bruxelles, reproduits
dans Bulletin C.E. nos 2 et 17 (7/1985) ainsi que l'étude de A.C. Evans,
"European Citzenship: A Novel Concept in eec Law," Ameriran.forirnal of
Comparative Law, 32 (1984) 678.
30 Ce traité a été signé le 2 février t( 92 à
Maastriclit et a été publiépar par l'Office publications officielles dles Communautés
européennes(ISBN) 92-24-0960-0) (ci-après dénommé le 'I'raité d'Union).
31 Traité d'Union, art. B
32 L'article G-C du Traité d'Union. insère une deuxième
partie, intitulée "La Citoyenneté de I'Union" aui Traité instituant la
Communauté européenne, ainsi qu'il est réintitulée (ci-après dénommé
Traîté C E.) Cette partie contient les nouveaux articles 8 à 8E du Traité ce. La
citoyenneté de l'Union est instituée par l'article 8 1, al.1.
33 Traité CE, art.8 1, al.2
34 lbid., art. 8 2. Il est
intéressant de constater que les citoyens de l'Union ne se voient pas conférer
directement les droits civils et polidques contenus dans la Convention européenne des
droits de l'Homme et ses protocoles additionnels. Le Traité d'Union contient toutefois en
son article F 2 une disposition qui stipule que "l'Union respecte
les droits fondamentaux, tels qu'ils sont garantis par la convention européenne de
sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4
novembre 1950, et tels qtl'ils résultent des traditions constitutionnelles communes aux
États membres, en tant que principes généraux du droit communautaire." Sur la
question des droits de la personne dans le contexte communautaire européen, voir L'Europe,
société humaine (Bruxelles: Commission des Communautés européennes, Office (les
publications officielles des Communautés européennes, 1990).
35 Ibid., art. 8A i. Le 2 précise quant à lui que le
"Conseil peut arrêter des dispositions visant à faciliter l'exercice des droits
visés au paragraphe 1; sauf si le présent traité en dispose autrement, il statue à
l'unanimité sur proposition de la Commission et après avis conforme du Parlement
européen."
36 V.E. Gaillard, D. Carreau et W.L. Lee, Le marché. Voir
aussi F. Burrows, Free Movement in European Community Law (Oxford: Clarendon
Press, 1987), 117-213-
37 Sur les débats entourant la reconnaissance de droits
électoraux, lire Evans, "European CitizenshiP," 70.5-10-
38 Traité ce., art. 8B 1. Cet article précise par ailleurs
que ce droit sera exercé sous réserve des modalités à arrêter avant le 31 décembre
1994 par le Conseil, statuant à l'unanimité sur proposition de la Commission et après
consultation du Parlement européen; ces modalités peuvent prévoir des dispositions
dérogatoires lorsque des problèmes spécifiques à un État membre le justifient.
39 Ibid., art. 8B 2. La même clause de réserve et de
dérogation suit la reconnaissance de ce droit de vote et d'éligibilité, si ce n'est que
les modalités d'exercice du droit devront être arrêtées avant le 31 décembre 1993-
40 Ibid., art. 8D i, qui renvoie au nouvel
article 138D du Traité ce.
41 Ibid., art. 8D 2, qui renvoie au nouvel
article 138E du Traité ce.
42 Ibid., art. 8C.
43 L'article 8E stipule en effet que le "Conseil,
statuant àl'unanimité sur proposition de la Commission et après consultation du
Parlement européen, peut arrêter des dispositions tendant à compléter les droits
prévus à la présente partie, dispositions dont il recommandera l'adoption par les
États membres conformément à leurs règles constitutionnelles respectives."
44 Cette notion d'union sans cesse plus étroite se retrouve
dans le préambule du Traité ce et est d'ailleurs réitérée dans une terminologie
sensiblement différente dans le Traité d'Union. Ainsi, l'article A 2 affirme que
"le présent traité marque une nouvelle étape dans le processus créant une union
sans cesse plus étroite entre les peuples de l'Europe, dans laquelle les décisions sont
prises le plus près possible des citoyens."
45 Pour les textes prescrivant l'institution d'un passeport
uniforme, voir les résolutions du Conseil européen publiées dans JOCE: no C.214, du 19
septembre 1981, et no C. 179, du 16 juillet 1982.
46 Voir à ce sujet "Lucien Bouchard croit au passeport
québécois advenant l'indépendance," Le Devoir, 5 novembre 1991, 1 et 4-
47 Ce souhait est évident à la lumière du projet de
question référendaire formulée par Robert Bourassa à l'occasion d'une visite
officielle aux Communautés européennes à Bruxelles. Cette question était ainsi
formulée:"Voulez-vous remplacer l'ordre constitutionnel existant par l'existence de
deux États souverains associés dans une union économique, responsables à un parlement
élu au suffrage universel?": voir à ce sujet F. Tremblay, "États souverains
associés? Bourassa soulève un coin du voile de la question référendaire," Le
Devoir, 7 février 1992,1et 4.
La formulation de cette question est quelque peu différente
de la formulation qui paraît rernonter à 1979 et qui avait été présentée par Robert
Bourassa à l'occasion d'une entrevue qui n'avait jamais fait l'objet d'une publication :
"Voulez-vous remplacer l'ordre constitutionnel existant par deux États souverains
associés dans une union économique, laquelle serait responsable à un parlement
élu au suffrage universel?" : voir "Bourassa : l'entrevue oubliée," L'Actualité,
15 septembre 1990, 11 - 12
La position du Parti libéral du Québec est moins claire sur
cette question puisque dans le Rapport du Comité constitutionnel dit Parti libéral du
Québec du 28 janvier 1991, mieux connu comme le Rapport Aitaire, il est affirmé que
"dans la mesure où la proposition avancée ne déboucherait pas suri uni accord avec
le reste du Canada dans des délais raisonnables, le Parti libéral du Québec recommande
que la population soit invitée par voie rréférendaire à se prononcer en faveur de la
souveraineté du Québec, avec un ef'f'ort pour conclure après une association
économique" : voir Parti libéral du Québec, Un Québec libre de ses choix, 28
janvier 1991, 57. Le projet de résolution stipule quant à lui que "dans le
cas ou il n'y aurait pas entente sur la réforme proposée par le Québec, que le
gouvernement du Parti libéral du Québec propose l'accès du Québec au statut d'État
souverain; que dans cette deuxième hypothèse, le Québec offre, au reste du Canada,
l'aménagement d'une union économique gérée par des iristitutions de nature
confédérale."
48 Pour le texte d'un tel projet de Traité, voir D. Turp,
"Exposé-réponse," Commission sur I'avenir politique et constitutionnel du
Québec, Les avis des spécialistes invitlés à répondre aux huit questions posées
par la Commission, Document de travail no 4 (ISBN 2-550-2 1733-0),
annexe 3, 1083-1115-
49 La Commission d'étude des questions afférentes à
l'accession du Québec à la souveraineté a produit un document intitulé Partenariats
économiques : Les relations commerciales d'un Québec souverain, 16.ian%,ier
1992, où la question des liens économiques avec le Canada est évoquée (pp.10-11) et a
fait réaliser une étude par le professeur Ivan Bernier de l'Université Laval sur La
dimension juridique des relations commerciales d'un Québec souverain,janvier
1992.
50 Voir la Loi sur le processus de détermination de
l'avenir politique et constitutionnel du Québec, I..Q 1991, c.. 34, art. 3.

