L'avènement du Romantisme musical

et de l'émancipation de l'artiste

 

1. Beethoven et l'émancipation de l'artiste

1.1. Déclin du mécénat

1.2. Les salons

1.3. Le public

2. Franz Liszt et les virtuoses

2.1. Le monarchiste

2.2. L'homme errant

2.3. Lisztomania

2.4. La publicité et les spectacles commerciaux

2.5. Les virtuoses

2.6. L'influence de Paganini

3. Coda

 


 

L. V. Beethoven.

 

Beethoven et l'émancipation de l'artiste

 

"Vous êtes prince par le hasard de votre naissance, mais ce que je suis, je ne le dois qu'à moi-même. Il y a eut et il y aura toujours des milliers de princes, mais il n'y aura qu'un seul Beethoven" Cette phrase de Beethoven, destinée au prince Lichnowsky son protecteur, n'est certes pas celle d'un artiste dépendant de son mécène. Avec son tempérament fort, il sera le premier artiste indépendant, le premier à ne pas composer selon les goûts de ses protecteurs. Pivot entre le siècle éminemment classique des Lumières et le Romantisme, il fut en quelque sorte le libérateur de l'artiste. Malgré qu'il fut soutenu financièrement par des protecteurs, il sut conserver son indépendance de créateur.

 

Déclin du mécénat:

Dès le début du 19e siècle, les aristocrates devinrent de moins en moins en mesure de commanditer les artistes. Beaucoup de nobles étaient ruinés, probablement à cause de la double influence de l'ère industriel naissant et du climat révolutionnaire dans lequel baignait l'Europe toute entière. Beethoven connut cet essoufflement du mécénat, lorsque ses protecteurs ne lui versèrent plus qu'un faible pourcentage des rentes qu'ils lui allouaient avant l'invasion de Vienne par les troupes napoléoniennes. Le public musical, dès lors, n'était plus constitué par une poignée d'aristocrates, ceux-ci furent remplacés par un public plus vaste, composé de la bourgeoisie, de la classe moyenne et des professions libérales. Il va sans dire que le peuple ne faisait pas partie de ce nouveau public musical. Parallèlement à la naissance de ces concerts, les salons et les cénacles d'artistes prenaient eux aussi de l'influence.

Avant Beethoven, la musique était un élément fonctionnel de la vie sociale, tant au niveau religieux que celui du divertissement (de la classe aristocratique, bien-sûr) . L'artiste était un artisan et son art, au service de la société. Beethoven introduit la notion d'art pour l'art dans sa musique et place la notion d'individualisme et d'expression personnelle au premier rang de la fonction musicale. L'artiste est libre de s'exprimer et ne travaille plus (ou alors très peu) sur commande. Pour reprendre les termes de Claude Rostand dans son La musique allemande, l'artiste "n'écrit plus ce que son public attend de lui, mais il écrit ce qu'il veut imposer à son public." Dès lors, le fossé entre les audaces du novateur et la compréhension retardataire de son public commence à se creuser, ce qui fit dire à Beethoven: "Ca leur plaira bien un jour".

 

Les salons:

Certains compositeurs ont destiné la majeure partie de leur œuvre à la musique de chambre, tels Schubert et Chopin. Cette musique d'intimité convenait parfaitement au climat des salons artistiques. À Paris, ce sont ces salons qui donnaient le ton à la musique. Les plus célèbres furent ceux de Mme Viardot, des frères Schaeffer, de Camille Pleyel et celui, plus intime, de George Sand, où se réunissaient de nombreux artistes: Chopin, Liszt, Delacroix, Balzac, etc. Dans ces salons naîtront des réactions face à l'italianisme qui domine l'opéra à Paris, avec Rossini. Ce sera aussi l'occasion de défendre de nouveaux talents, comme Berlioz.

 

La Révolution française mis fin à l'influence des monarques sur le goût musical en France. Les critiques, qui affluent à cette époques, prendront le relais et exerceront un contrôle non moins despotique sur celui-ci. Ce sont les critiques des salons, des gazettes, ce sont également des écrivains et des compositeurs, défendant les intérêts de leur courant artistique. Les écrivains et compositeurs mis à part, les critiques sont généralement peu enclins à l'innovation. Nombreux furent ceux qui laissèrent de monumentales idioties. Seuls quelques-uns nous laissent des commentaires judicieux, dont Schumann qui, dans sa revue musicale, pris la défense de nombreux compositeurs méconnus (Chopin, Berlioz, Brahms, etc.)

 

Le public:

En France, l'opéra est encore le genre musical le plus apprécié pendant la première moitié du 19e siècle. Il réunit dans les mêmes salles bourgeois et aristocrates. Bien que le lundi soit une journée ouverte au peuple, le milieu musical leur reste fermé et les gens de basse condition y sont méprisés. L'opéra-comique est le lieu des manifestations politiques. À Bruxelles, c'est même le point de départ de la révolte de la Belgique contre les Pays-Bas. C'est la présentation de la Muette de Portici, un opéra aux paroles subversives, au Théâtre de la monnaie, qui enflamma les spectateurs .descendirent dans la rue et manifestèrent, l'événement s'amplifia et donna lieu à une révolte, qui conduisit à l'indépendance de la Belgique.

À partir de 1828, deux tendances se dessinaient à Paris: la première était celle de l'opéra, défendu par les admirateurs de Rossini et amateurs de l'italianisme, entre autre les écrivains Musset, Balzac et Gautier. La seconde favorisait la musique allemande, ayant comme figure de proue Beethoven. Elle comptait parmi ses partisans Sand, Lamartine, Nerval et Hugo.

En Allemagne, la musique instrumentale gagne en influence. L'essor de la musique symphonique nécessitera une organisation mieux adaptée pour le grand public. Berlin connaîtra une lutte similaire à celle de Paris. Le public sera divisé entre l'opéra italien de Spontini et celui de Weber.

Capitale musicale de l'Europe jusque vers les années 1830, Vienne sera dépossédée de son titre, au profit de Paris. Particulièrement capricieuse, Vienne fit et défit les compositeurs à son gré. Après avoir boudé les opéras de Mozart, elle ne lui laissa comme terre d'asile pour son repos éternel, qu'une misérable fosse commune. Elle laissa totalement dans l'ombre Schubert et finalement, il a fallut attendre la neuvième symphonie de Beethoven afin que le public viennois s'enflamme pour le maître de Bonn. À Vienne, la musique subit l'influence des idées de la Révolution française ce, malgré la présence de nombreuses familles aristocratiques, et du Sturm und Drang allemand.

 

Franz Liszt et les virtuoses

 

Franz Liszt, (1811-1886) très tôt poussé par son père vers la musique, devint très vite l'un des plus grands pianistes d'Europe au XIXe siècle et sans conteste le virtuose le plus adulé des foules.

 

Le Monarchiste:

En des temps de troubles révolutionnaires, il demeura tout de même un monarchiste convaincu, malgré sa Symphonie Révolutionnaire lors de la Révolution de juillet et son engagement dans la révolte des ouvriers lyonnais en 1834 (il leur dédia d"ailleurs l'une de ses compositions). Le virtuose avait une soif insatiable pour les décorations, les honneurs et les femmes (nobles de préférence). Il joua à de nombreuses occasions pour des personnages de la haute aristocratie, dont le roi de France Louis-Philippe et le roi d'Angleterre.

 

L'homme errant:

Marqué dans sa jeunesse, en Hongrie, par les tzigane, Liszt mena lui-même une vie de nomade à-travers l'Europe, sans jamais se fixer définitivement. Il quitta son Raiding natal à l'âge de douze ans pour la France, puis pour la Suisse, l'Italie et l'Allemagne. À l'image de Lord Byron, il fut un citoyen de l'Europe, un "sans patrie éternellement errant" L'artiste resta toujours au-dessus du sentiment nationaliste.

 

Personnage haut en couleurs, Liszt incarna le héros romantique par excellence. C'était un homme tiraillé par deux forces diamétralement opposées: son attirance charnelle et un fort sentiment de religiosité ( il fut ordonné à la fin de sa vie). Il traduisit très bien sa double personnalité dans ses "Valse-méphisto".

 

Il y eut le Liszt-Méphistophélès, mais aussi le Liszt-Napoléon, qui partit de rien ("conscience aiguë qu'avait le jeune Liszt de la "subalternité" des artistes et du mérite par rapport au rang") et qui conquit l'Europe par ses interprétations diaboliques au piano. Également, il y eut le Liszt-Byron, un artiste souffrant du mal du siècle et laissant derrière lui frénésie et scandale. Finalement, on ne peut laisser de côté la dimension Don Juan du personnage, qui n'est pas dépourvue elle non plus d'intérêt. Adam Liszt, son père, présageant la vie future du petit Franzie, lui fit le commentaire suivant, sur son lit de mort: "Prends garde aux femmes, elles te mèneront à ta perte". Il ne vécut pas assez longtemps pour voir ses prédictions se réaliser. Son charme magnétique fut la cause de ses nombreuses conquêtes: Bettina von Arnim (qui devint par la suite la maîtresse de Beethoven et de Gothe), Charlotte von Hagn, la princesse Belgiojoso, la chanteuse Caroline Unger, Mariette Duplessis, Lola Montès (la future favorite du roi Louis II de Bavière), Carolyne Sayn-Wittgenstein, Olga Janina (Liszt était alors sur le point de se faire ordonner). Il était, aux dires de sa femme, Marie d'Agoult, un "séduisant bon à rien, un Don Juan parvenu". Ses conquêtes lui apporteront la désillusion et surtout de nombreuses situations houleuses. Par exemple, lorsqu'il voulut rompre sa liaison avec Lola Montès, il dut l'enfermer dans la chambre de l'hôtel où le couple avait passé la nuit. Quant à Mlle Janina, une jeune admiratrice, elle le menaça carrément de se suicider s'il la laissait tombe. Bref, une véritable "lisztérie". Le mouvement romantique ne manquait certes pas de représentants aux mœurs dissolues, lorsqu'on pense à l'écrivain Georges Sand et au nombre incalculable d'amants qu'elle eut (entre autre Frédéric Chopin et Alfred de Musset) ou à Schubert qui, loin d'avoir mené une vie de débauché, mourut tout de même de la syphilis, maladie contractée dans une maison close.

 

Lisztomania:

À partir de l'âge de neuf ans (1820) et jusque vers les années 1850, le virtuose sillonna l'Europe et donna d'innombrables concerts. Partout où il alla, il provoqua à son passage une véritable vague d'hystérie : public déchaîné, des femmes hurlant et perdant connaissance lors des concerts, des critiques élogieuses… un phénomène que l'on peut qualifier de "Lisztomania" et qui ne va pas sans nous rappeler des réactions semblables un siècle plus tard, avec un certain groupe anglais de Liverpool… Si dans les années 60, on retrouvait dans un poster de Ringo Star dans les chambres des jeunes filles, le phénomène était sensiblement le même avec Liszt, dont on avait mis des portraits en vente dans toutes les boutiques parisiennes. Des tournées triomphantes, accompagnées de cérémonies solennelles et de nombreuses admiratrices pâmées dans son sillage, voilà ce que connaîtra le saltimbanque avant de devenir l'abbé Liszt. Le public lui vouait un tel engouement, que lorsqu'il attendait plus de cinq minutes sur un quai de gare, il se trouvait toujours quelqu'un pour lui apporter un piano!

 

Mais qu'elles étaient les raisons d'un si grand succès? À l'opposé de Clara Wieck (également une virtuose du clavier, elle consacra une grande partie de sa vie à faire connaître l'œuvre de son mari, Robert Schumann) qui donnait en concert de la musique "sérieuse", Liszt, comme beaucoup de virtuoses de son époque, pour ne citer que Thalberg et Dreyschock, se donnaient en spectacle. Pour reprendre l'expression de Serge Gut, ses concerts étaient des feux d'artifice perpétuels. C'est en grande partie sous l'influence du violoniste Paganini, qu'il rencontra à Paris, qu'il développa ses grands effets pianistiques, transposant le jeu de Paganini au violon, sur le piano. Il apprit également du maître italien l'art de subjuguer la foule. Bien qu'il fut l'un des plus grands interprètes de son siècle, ce n'était pas la qualité de la musique qu'il interprétait qui plaisait à la foule, mais plutôt l'effet produit par ses prouesses techniques et les transes dans lesquelles ils semblaient entrer lorsqu'il jouait, ce qui laissait l'impression sur ses spectateurs qu'il était possédé par le diable. Tout comme Paganini, Liszt ne fit rien pour dissiper les effets méphistophéliques de son jeu et les rumeurs s'y rattachant. Bref, si la musique était superficielle, le spectacle n'en plaisait pas moins au public frivole de Paris.

 

Nous devons beaucoup à Liszt. Il a beaucoup contribué à faire connaître les œuvres de Beethoven à son époque. De plus, il est l'inventeur du récital de piano moderne. Il fut le premier à donner des concerts en solo et pour le piano seul. Auparavant, les concerts étaient partagés entre plusieurs instrumentistes et chanteurs. Également, il fut le premier à placer le piano de profil, se qui permet au spectateur de voir plus facilement la technique dont fait preuve le pianiste et donner plus de puissance à l'instrument.

 

La publicité et les spectacles commerciaux:

Bien avant les "Envolées musicales Air Canada" et les salles de concerts "du Maurier Limitée", les virtuoses assuraient la propagation de la publicité , car leurs performances dépendait en partie de la qualité de l'instrument sur lequel ils jouaient. Ils sont à l'origine de l'amélioration et de la diffusion à grande échelle des instruments de musique et en particulier le piano, qui subira au 19e siècle de grandes trans formations.

 

Le violon restera pratiquement inchangé des siècles durant. Avec l'apparition du concert avec soliste, destiné à un vaste public (notamment avec Paganini) il est devenu impératif de transformer le violon, afin qu'il soit assez puissant pour les grandes salles de concert. Il en va de même pour le piano, qui deviendra l'instrument par excellence des romantiques. Grâce aux innovations qui lui furent apportées, le piano permettait plus de nuances dans le jeu pianistique et plus de sentiment par l'ajout de notes dans le registre des graves. Mozart ne connut que le pianoforte à cinq octaves. Celui de Beethoven en possédait six. C'est seulement avec les romantiques de la génération de Chopin et Schumann que le piano couvrait les registres que nous connaissons aujourd'hui, c'est-à-dire sept octaves. De plus, les claviers antérieurs au 19e siècle ne permettaient pas une répétition rapide de la même note, il fallut attendre les innovations du facteur de piano Sébastien Érard, avec son système à double échappement. Érard sut utiliser Liszt, alors qu'il était encore un enfant, pour vendre ses nouveaux models, nous avons ici un bel exemple de la publicité que faisaient les virtuoses pour les marchands d'instruments.

 

De pareils changements apportés aux instruments n'étaient pas nécessaire du temps où le public musical était composé de mécènes. Les cercles restreints de mélomanes recherchaient de la musique "rationelle", comme la musique instrumentale de Haydn et Mozart, et non les orages que déclenchaient par la suite les fougueux artistes romantiques.

 

Si les virtuoses s'entouraient de publicité, c'était pour une bonne raison: les rivalités étaient nombreuses. Le public parisien voyait défiler sous ses yeux les plus grands musiciens d'Europe. Aussi capricieux que le public de Vienne, il avait la fâcheuse tendance de vite oublier. Les pianistes menaient une lutte féroce entre eux, ces "audacieux dont le destin est de conquérir et de régner, non par les dangereux outils du combat, mais par les paisibles outils de l'art", comme le disait si bien Schumann. L'une des plus grandes rivalités que l'histoire de la musique retient, est celle de Liszt et Thalberg. Ce dernier fit courir à Paris la rumeur que Liszt lui aurait fait la proposition d'un concert en duo, profitant de ce que Liszt était à l'étranger pour le calomnier. Thalberg aimait à dire qu'il avait refusé, prétextant le fait qu'il avait horreur d'être accompagné en concert! La tension monta entre les rivaux. Liszt tenta de rejoindre Thalberg, qui avait déjà quitté la ville. La guerre prit fin dans le salon de la princesse Belgiojoso en 1837. Les deux hommes y firent un duel pianistique, devant le Tout-Paris. Chopin et Czerny, entre autre, figuraient dans l'assistance. Selon les commentaires des spectateurs présents, si Thalberg était le premier pianiste d'Europe, Liszt demeurait le seul.

 

Les virtuoses:

Avec le déclin du mécénat, les artistes durent trouver de nouveaux moyens de subsistance. Les Romantiques exigeaient des hommes hors du commun, des êtres plus grands que nature. De Mozart enfant prodige, éblouissant les membres des cours d'Autriche et de France à la fin du 18e siècle, à Rachmaninov, se produisant dans les vastes salles de concert américaines de l'entre-deux guerres, en passant par Clara Schumann et Anton Rubinstein, les virtuoses sillonnèrent l'Europe et l'Amérique. Donner des concerts était le principal moyen pour les compositeurs, à partir du 19e siècle, de vivre à l'abris du besoin et de se consacrer à leurs œuvres. Ceux-ci accomplissaient souvent la tâche avec dégoût, car ils devaient alors sacrifier une partie de leur temps normalement consacrée à la composition, à ces spectacles ( Bach et Haydn n'auraient jamais été aussi prolifiques dans de pareilles conditions). D'autres se dirigèrent vers la direction d'orchestre, comme Berlioz, qui posa les premiers jalons de cette discipline et Mahler qui alla jusqu'à renier la religion judaïque pour devenir chef d'orchestre de l'Opéra de Vienne.

 

Bien que particulièrement lucratif (pour les plus grands), le métier de concertiste itinérant était très exigeant et nécessitait une forte constitution (c'est d'ailleurs pour cette raison que la carrière de virtuose de Chopin avorta très jeune, celui-ci souffrant de phtisie). Lors de leurs tournées, ils devaient parcourir de grandes distances en un court laps de temps, souvent dans l'inconfort des diligences, car l'usage du train ne fut pas répandu avant la seconde moitié du 19e siècle. Les récitals étaient surchargés et les concerts se succédaient à un rythme éreintant ( Paganini ne donna pas moins de 112 concerts en un an, lors d'une tournée dans les Îles britanniques. Considérant ce métier avec dégoût, Liszt le qualifiait d' "avili jusqu'à n'être plus guère qu'un commerce […] qui prenait l'allure d'un divertissement pour le beau monde".

 

L'influence de Paganini:

Lorsque Paganini débuta sa carrière de concertiste , à l'âge de 45 ans, en 1828, il déclencha une véritable vague de virtuosité sur l'Europe.

 

Bien que très peu attirant physiquement, son aspect spectral et son regard magnétisant fascinaient son auditoire. Tout comme Liszt, de nombreux mythes et rumeurs aussi absurdes les unes que les autres l'entouraient: il aurait vendu son âme au diable, afin de pouvoir faire preuve d'autant de prouesses techniques au violon (le thème du Faust de Goethe, très prisé par les romantiques). Une autre rumeur qui circulait, racontait que le maître italien avait assassiné sa maîtresse, afin de faire de ses intestins la quatrième corde de son violon! Paganini n'a jamais tenté de dissiper ces croyances, car elles faisaient partie du spectacle et attiraient davantage de gens à ses concerts. Ces croyances sont tout de même étonnantes de la part d'un public urbain et bourgeois, car il s'agit plutôt de superstitions que l'on s'attendrait à entendre dans le fin fond du Périgord, chez des paysans du Moyen-âge.

 

Coda:

Voilà qui termine ce travail sur le public musical de l'époque romantique. Il ne faut pas oublier que le changement de public, décrit dans cette recherche, fut un facteur majeur qui influença l'évolution de la musique. Il favorisa la libéralisation du concert, qui demeurait depuis longtemps le privilège d'une élite.

 

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