Camille De Rijck

 

Elodie, Une symphonie monotone, Les vampires

 


 

 

 

Elodie

 

Torture mes nuits,

toi ma douce Elodie.

La lune du jour,

attends, en vain, ton bonjour.

 

Tes paroles, constamment, écorchent,

ces mots que, sauvagement, tu égorges.

Face à toi ma pitié est bien vaine,

ton humeur, tristement, allonge sa traîne.

 

Tes pieds, doucement, se soulèvent,

par un coup de vent qui étrangement s’élève.

Ton enfance est morte au milieu de ces feuilles,

l’adolescence arrive en écrivant ce recueil.

 

Mêlant à la fois misère et colère,

tes chagrins ont affaiblis le cœur de ta mère.

Pourquoi le printemps est-il mort en pleurant ?

Depuis toujours je rêve d’être ton amant.

 

 

 

 

Une symphonie monotone

 

Couché de soleil derrière un palais byzantin

Je me suis rendu compte que je t’aimais ce matin

Ma plume trempe dans le bain de mes larmes

Tu es sorti un soir sans parade et sans armes

 

La lune pleure, les étoiles la consolent

L’hymne à ton cœur, majestueusement, résonne

Tes pieds baignent dans un lac salé

Mes lèvres embrassent ton sourire sucré

 

Pourquoi le printemps ne s’éteint-il jamais

Un magicien m’a dit, qu’un jour, je saurais

Mais mes larmes tombent comme les feuilles en automne

Ma vie est une longue symphonie monotone

 

Patrie sans drapeau, amant sans maîtresse

Je me bats, en vain, contre ces murs qui se dressent

Il n’y a pas d’interdit pour l’homme qui espère

Qu’un jour peut-être on oublie toutes ces guerres

 

 

 

Les vampires

 

Avant de périr je dois vous raconter une histoire,

Qu’à la lumière d’une bougie, un marin me raconta un soir.

L’homme était ivre et clairement émoussé,

mais l’histoire qu’il m’a raconté m’a profondément bouleversé.

 

Tout commença un soir de mai dans un château transylvanien,

Où vivait, entouré de sa famille, un prince roumain.

L’homme se nommait Jean-Charles de Sang-froid et sa cruauté était légendaire

Mais par cette nuit orageuse le prince devint père.

 

Depuis des siècles les de Sang-froid étaient vampires,

Chassés de la ville, ils avaient dû s’enfuir.

Mais la joie de vivre était de retour,

Depuis que le petit vampire avait vu le jour.

 

La maman vampire préparait à son bébé de bons biberons de sang chaud,

Mais bébé vampire n’en voulait pas et s’enfuyait au trot.

Devant ce d’égout son père se posa des questions.

Les vampires, au sang, vouaient pourtant une passion.

 

Papa vampire convoqua en son domaine le psychiatre le plus réputé.

Mais face au professeur bébé vampire restait butté.

Le bébé vampire, de jour en jour maigrissait,

Et sa psychothérapie, franchement, piétinait.

 

Bouleversés par l’anorexie de leur enfant, pourtant, choyé,

Les parents appelèrent le grand oracle des bébés.

Le vieil homme dont l’expérience n’était plus à prouver,

Examina l’enfant d’un air étonné.

 

Après de longues heures de consultation,

Et une note d’honoraires qui lui valut, plus tard une pendaison,

Le grand oracle, à la famille annonça,

Que leur enfant était témoin de Jéhovah.

 

Quelle ne fut pas la stupéfaction des vampires qui pleuraient à l’unisson.

Bouleversés devant les yeux de leur témoin de Jéhovah de fiston,

L’Oracle leur lut le 13e commandement du grand livre de Jéhovah.

" Jamais de sang tu ne boira "

 

Après une longue période de déprime,

Les vampires se remirent et adaptèrent leur régime,

Car depuis ce jour à bébé vampire on ne donna,

Que des tartines au plasma.

 

 

De cette histoire tirons une leçon,

La différence n’est pas un poison.

Et peu importe que l’on boive du sang ou pas,

C’est dans l’amour que l’on trouve les meilleurs repas.

 

 

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