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| RECHERCHES PERSONNELLES : Bill Viola • Jeff Wall • Gustav Klimt • Diego Rivera | ||
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Commentaire sur le texte de Gilles Deleuze sur la subjectivité de l’artiste… Comme le dit si bien Gilles Deleuze lui-même : « (…) Le peintre ne peint pas sur une toile vierge, ni l’écrivain n’écrit sur une page blanche, mais la toile ou la page sont déjà tellement couvertes de clichés préexistants, préétablis, qu’il faut d’abord effacer, nettoyer, laminer, même déchiqueter pour faire passer un courant d’air issu du chaos qui nous apporte la vision.» Pour en arriver à atteindre sa réelle subjectivité, l’être doit d’abord se « déprogrammer », libérer son esprit de tout ce qu’il lui a été imposé sous le nom de la « collectivité » et découvrir sa propre voix intérieure, son individualité. Lorsque Deleuze affirme que « Résister, c’est créer. », moi j’entends que résister, c’est aussi se donner le pouvoir de se « recréer », de renaître un peu plus libre chaque fois. |
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C’est peut-être pour cela que j’apprécie l’art contemporain, pour le côté expérimental de ses esthétiques qui nous amène à s’interroger chaque jour le monde qui nous entoure et à se recentrer... Aujourd’hui, avec la montée du capitalisme, on tente de réduire le statut d’œuvre d’art à celui de « produit de consommation ». Chaque jour qui passe amène son lot incalculable d’images qui fait subir à la culture actuelle de l’oeuvre une incroyable violence. On nous noie littéralement dans la masse, on dissout à grande dose l’élixir de la libre pensée. Mais après ce tsunami bouleversant, que restera-t-il encore de l’art? Site Internet de l’Association pour la diffusion de la pensée française. En ligne. < http://www.adpf.asso.fr/adpf-publi/folio/textes/deleuze/13.pdf >Consulté le 29 avril 2005 _____________________________________________________________________________________
ARTISTE OU ENSEIGNANT? Au cours du dernier siècle, le Québec a redéfini de nombreuses fois sa vision de l’éducation artistique afin d’offrir le meilleur enseignement possible à ses élèves. Ainsi, l’éducation que l’on a faite des arts, pendant près d’un siècle, a passé d’un enseignement académique très spécialisé du dessin, à un élargissement de la discipline d’enseignement rendant compte de la diversité des arts plastiques.(1) Voici un bref aperçu de la formation offerte aux maîtres sur la période en question. Au début du 20e siècle, les étudiants intéressés par l’enseignement des arts devaient d’abord réussir une formation artistique initiale d’une école des beaux-arts.(2) Par la suite, ils devaient suivre une formation pédagogique complémentaire pour l’obtention de leur brevet d’enseignement du Ministère de l’ Éducation afin d’enseigner comme « artiste professionnel ». Comme le dit si bien Théberge, il est évident que ces enseignants étaient plus profondément marqués par leur formation initiale que complémentaire. Avec l’abolition des écoles des beaux-art, en 1970, sont apparus les programmes de formation artistique universitaire qui séparaient encore la formation artistique et pédagogique. Toutefois, cette dernière était dispensée par une faculté des sciences de l’éducation. De nos jours, le baccalauréat en enseignement des arts plastiques ne sépare plus la formation artistique de la formation pédagogique, de telle sorte que l’étudiant est moins encouragé à préparer une carrière d’artiste. Le programme demande maintenant une plus vaste connaissance de l’art, en plus de différentes compétences rattachées à la transmission de cette connaissance artistique. Malgré le fait que les artistes n’occupent plus la même place dans l’enseignement des arts, ils demeurent tout de même des médiateurs culturels susceptibles d’apporter une contribution culturelle et éducative à leur milieu.(3) On remarque maintenant leur présence dans des écoles du Québec grâce à des programmes comme « Artiste à l’école » où ils sont appelés à collaborer avec des professeurs d’arts plastiques, ce qui offre une dimension plus profonde à l’enseignement de ces derniers. Ce qui explique pourquoi les artistes ne sont plus nécessairement les bienvenus dans le système de l’éducation comme enseignants, de nos jours, est que les professeurs d’arts plastiques ont subi une transformation importante de leur champ de spécialisation. Ces derniers ne sont plus des « passeurs de savoir » et leur préoccupation première n’est plus de « créer des artistes » comme auparavant, mais bien de développer globalement les enfants qui leur sont confiés. C’est cette différence de compétences qui remet en question l’enseignement offert par des artistes : ils ne peuvent tout de même pas prétendre posséder une compétence à enseigner qui ne relève pas de leur type de spécialisation. À cette compétence, il leur manque également la vision générale et une certaine distance afin d’offrir ce nouveau type d’enseignement, en opposition à leur spécialisation dans une branche plus particulière. Devenir enseignant, signifierait pour eux d’abandonner leur position d’artiste, ce qui serait dévastateur, à mon avis. D’un autre côté, il devient aussi inconfortable pour les professeurs d’arts plastiques du Québec d’avoir une pratique professionnelle parallèle à leur enseignement, puisque cette dernière exige d’eux une double compétence, une double identité qui peut finir par mener à une sérieuse crise existentielle. Puisque la « complexité de la tâche enseignante et la rigueur du système font en sorte que l’art est beaucoup plus au service du système que le système n’est au service de l’art », on peut facilement comprendre qu’il n’est pas aisé d’être artiste et enseignant à la fois.(4) Les conflits constants entre les différentes responsabilités sont réels : l’agenda de l’artiste est souvent bloqué par les responsabilités du professeur envers les élèves. Alors, comment réussir cette double pratique dans le contexte actuel, sinon que de s’engager dans un enseignement à temps partiel, ce qui permettrait peut-être de sauver les pots. En Angleterre, il existe un programme qui permet aux enseignants d’accéder de nouveau à leur pratique à mi-temps.(5) Toutefois, il n’en est encore rien ici et le manque de support est flagrant. Pourtant, je crois sincèrement que les professeurs d’arts plastiques ont besoin de rester en contact avec l’art pour continuer de croire en lui et préserver leur passion envers celui-ci. À défaut de ne devenir des artistes professionnels, ils peuvent au moins chercher à préserver le plaisir d’entrer en dialogue avec la matière, ce que vivent quotidiennement les élèves. Rester en contact avec les matériaux permet également d’en explorer les différentes possibilités et peut-être même de nouvelles avenues. Selon Michèle Théorêt, il est important d’être encore « capable de réagir rapidement aux demandes d’aide et de stimulation des enfants dans leur démarche pour la réalisation de leurs images, dans leur démarche vers la connaissance ». Dans ce sens, l’enseignant des arts plastiques crée également dans l’action et par le biais d’intervention auprès de ses élèves : une sorte d’esthétisme relationnelle qui déploie de nouvelles formes de possibles. « Le professeur d’arts plastiques est un artiste qui part du principe que le contexte est toujours un laboratoire, une liberté à prendre, à produire de la matière, à prospecter et à partager. »(6) Enseigner au scolaire constitue une reconstruction du savoir pour les élèves que l’on doit constamment ajuster en cours. Lorsque l’on cherche continuellement des solutions pour améliorer sa pratique, l’enseignement peut devenir davantage une sorte de savoir de recherche. En choisissant de « réfléchir de façon créative dans l’action », le professeur exerce une pratique réflective qui peut réconcilier son besoin de créativité avec l’enseignement et lui permettre de se réaliser comme artiste-enseignant. C’est sûrement cela qu’ Eisner appelle « Des artistes dans l’art d’enseigner les arts »… En conclusion, les artistes et les enseignants ont maintenant deux champs de compétences distinctes qui influencent grandement les différentes interventions qu’ils peuvent effectuer dans leur milieu. Aussi, ces deux identités peuvent devenir problématiques lorsqu’un enseignant décide d’avoir une pratique professionnelle parallèle à son enseignement puisque cela implique de lui une capacité de gérer une double identité. À défaut d’avoir une pratique artistique professionnelle, nous savons maintenant qu’il lui est possible d’avoir une pratique réflexive du métier d’enseignant, ce qui lui permet de démontrer une certaine créativité tout en restant en harmonie avec son identité principale. Reste à savoir si cette nouvelle conception plus « intellectuelle » de la créativité fera le bonheur à long terme de nos futurs enseignants. Après tout, pratiquer les arts demeure un moyen de briser « l’effet aliénant » du système scolaire sur sa personne, en s’assurant une certaine liberté de penser le monde à travers ses créations. Puisque le rôle du professeur est un appel à la liberté, il est primordial de rester d’abord libre soi-même, sinon on deviendra tous de ces merveilleux enseignants fonctionnaires déconnectés de l’Art. __________________________________________ 2. Information tirée du site : http://www.archives.uqam.ca/pages/archives_privees/genere_rdaq.asp?varcote=5P# 6. Entre 2 – La médiation à l’œuvre p.61
BIBLIOGRAPHIE EISNER, E. (1989). Le professeur rêvé. Vision 43, p.6 GAGNON, FRANÇOIS-MARC, Borduas, pédagogue : mille manières de favoriser l’expression artistique. Éducation et francophonie , vol. 21, no 2, août 1993, p.19-23 MAC’s. 2004. Entre 2 - La médiation à l’œuvre. Site Internet du Musée des Arts Contemporains du Grand-Hornu. < http://www.mac-s.be/nl/docs/entre2_tablesrondes.pdf > Consulté le 21 octobre 2005. PÉLISSIER, GILBERT. 1991. Artiste / Enseignant en arts plastiques. Site Internet de l 'académie de Bordeaux. En ligne. <http://artsplastiques.ac-bordeaux.fr/bibliographie_pelissier-artiste.htm> Consulté le 21 octobre 2005. SAIET, PIERRE. 2004. La médiation de l'art contemporain. Site Internet de l'académie de nantes. <http://www.ac-nantes.fr:8080/peda/disc/arts/artsplastiques/textes_articles/mediation_et_art/sommaire.htm> Consulté le 21 octobre 2005. THÉBERGE, A. (1989) L’artiste-enseignant : un concept établi…a-t-il encore sa place? Revue canadienne d’éducation artistique, SCEA journal, 16 :2, p. 100-118 THÉORET, MICHÈLE, Artiste ou enseignant. Possibles, vol. 14, no 4, automne 1990, p. 53-57 THORNTON, ALAN. 2005.The artist teacher as reflective practitioner. The International Journal of Art & Design Education, vol. 24, no 2, mai 2005, p. 166 _____________________________________________________________________________________
RÉFLEXION SUR MON PROCESSUS DE CRÉATION Avec mon entrée à l’UQAM, j’ai fait la connaissance de l’art contemporain qui est venu bouleverser complètement ma vision de l’art. Depuis ce temps, je perçois mon atelier davantage comme un lieu d’expérimentation et de réflexion. Je suis plus préoccupée par certains sujets féministes, sociaux et existentiels. Je me surprends même à réfléchir le monde à travers certaines de mes créations. En tant que future professeure, je m’efforce d’entrer en contact avec le plus de matériaux possible et de maîtriser parfaitement les techniques qui leur sont rattachées. Je me sens parfois plus « apprenti technicienne » qu’« apprenti artiste ». Je crois toutefois que je dois trouver un équilibre entre les deux pour devenir une bonne professeure. Lorsque j’entre dans mon atelier, c’est souvent pour aller naviguer sur l’Internet, l’ordinateur étant un des outils les plus précieux de mon atelier. C’est avec lui que je découvre de multiples artistes, que j’échange avec mon groupe en arts visuels et que je me documente sur des sujets variés. Bien souvent, il fait naître quelques idées qui germent tranquillement dans mon esprit et qui me mènent devant la matière quelques jours plus tard, bouillante d’énergie créative. Habituellement, j’ai tendance à additionner et à soustraire la matière d’une façon trop rationnelle et le résultat qui en découle est souvent décevant. Étrangement, c’est quand j’en viens au point de piquer une crise de découragement que les plus beaux résultats apparaissent. L’après « Big bang » dans mon atelier est la plupart du temps rempli de hasard et d’associations surprenantes. Mes attentes tombent complètement et je me laisse aller davantage. Je recolle quelques morceaux, j’interviens de nouveau sur certaines parties de la surface et l’œuvre, timide, apparaît véritablement. Fait plus ou moins surprenant, la défragmentation et la série font souvent partie de mes résultats finaux. Aussi, j’aime beaucoup le collage, la superposition et il n’est pas rare que je récupère certains éléments de mes autres projets pour les appliquer à de nouveaux. Dans presque tous mes travaux, « se repentir » devient un peu le verbe que je conjugue au présent. Et dire qu’un spectateur quelque part essayera d’apposer une explication logique à mon travail… Phénomène assez marrant quand on y pense un instant… _____________________________________________________________________________________
MA RELATION À L’ATELIER Mon atelier «physique» est tout petit et se situe complètement à l’arrière de la maison. Il se compose principalement d’un bureau d’ordinateur avec accès à l’Internet, une table de travail indépendante pour les travaux plus salissants et une chambre noire. J’y entrepose des tonnes d’informations visuelles ainsi que tout mon matériel d’artiste. Je m’y gèle un peu les pieds lorsque j’y travaille l’hiver mais l’été, j’y entends les rires de mes filles qui jouent dans la cours et j’y sens l’odeur du gazon fraîchement coupé. Parfois, l’atelier se répand jusque dans la cuisine o ù il m’arrive de m’installer à la table familiale. L’essentiel, en ce qui concerne ce lieu d’action, se résume en un petit coin familier qui ne me coupe pas complètement du reste du monde. Toutefois, pour moi, l’atelier n’est pas simplement un lieu «physique», c’est aussi un espace «mental» réservé à la création. C’est un endroit o ù une multitude de choses s’enfouissent constamment au plus profond de mon être pour se transformer et refaire surface qu’au bout de quelques jours, quelques mois ou quelques années: un précieux cumul d’observations, d’expériences sensorielles et émotionnelles. L’atelier «mental» ne s’ouvre réellement à moi que lorsque je suis pleinement disposée à le visiter sans quoi, il me réexpédie vite fait. Aussi bien ne même pas y penser si je suis épuisée ou malade! L’atelier entretient un rapport très franc avec le corps. Ton oeuvre est ta vie, le journal magique de ton temps et de ton espace ; ta tête, ton coeur, tes nerfs, tes muscles (tes ancêtres déjeunent avec tes petits-enfants sous le soleil). N'oublie jamais les quatre directions, le centre. Les formules et les ustensiles. Tes demandes d'énergie. Et n'aie pas peur : joue à Dieu et au Diable, mais avec honnêteté. Ne fais pas mauvais usage de tes pouvoirs. Crée avec la véracité la plus profonde que tu puisses ressentir. (Cisneros, Domingo.1981) La relation qui s’établit entre ses deux lieux et ma pratique est très particulière dans le sens que mon atelier «mental» ne délivre ses idées que dans mon atelier «physique» soit...à la maison! Bien sûr, il arrive que certaines idées s’ébauchent à l’extérieur mais, étrangement, elles ne se définissent et ne prennent vie qu’en un lieu très précis…un lieu o ù je suis bien, o ù je suis pleinement moi. Occasionnellement, j’arrive à repousser le périmètre de mon atelier «physique», comme lorsque j’ai une image très définie du travail à réaliser. Sinon, je déteste sentir l’influence des autres sur mon travail : ça m’aveugle. La facilité avec laquelle certaines gens créent me déconcerte à un tel point que j’en arrive plus souvent qu’autrement à me sentir bloquée. À l’atelier, je n’ai pas ce genre de contrainte troublante et je peux réellement employer tout mon temps à la création.
BIBLIOGRAPHIE Cisneros, Domingo. 1981. "Deathwatch / Vigilia de Muertos". La Macaza. Québec. Traduction Antoinette de Robien
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| Cette page a été mise à jour le 6 janvier, 2006 | ||